La gouvernance économique : Les enseignements à tirer du modèle de la république populaire de chine

La gouvernance économique : Les enseignements à tirer du modèle de la république populaire de chine

Le progrès économique enregistré par la Chine durant ces quarante dernières années est aujourd’hui reconnu par la majorité des observateurs comme l’un des exemples les plus éloquent de réussite économique depuis l’après-guerre. En effet, constitué encore d’une population à majorité pauvre au début des années 1980, la Chine est considérée en 2020 comme la deuxième économie mondiale et certaines études prévoient qu’elle devienne la première puissance économique mondiale avant 2027 (Morrison, 1998). Pendant la deuxième moitié du XXe siècle, seuls le Japon et la Corée ont atteint un niveau comparable de croissance rapide et soutenue.

Dans la même période, l’Afrique et tout particulièrement l’Afrique subsaharienne, malgré la mise en place de plusieurs stratégies de développement, dont les plus ambitieuses visent l’émergence d’ici une vingtaine d’années, continuent de peiner à réduire significativement la pauvreté et à améliorer les conditions de vie des populations. Dans son dernier rapport de sur la Pauvreté dans le Monde, la Banque Mondiale estimait à seulement 0,7% le niveau de prospérité partagée en Afrique subsaharienne, révélant ainsi de faible performances en terme de bien-être et d’inclusion.

La différence importante de résultats économiques qui se dégage des deux contextes ainsi dressés peut s’expliquer suivant plusieurs déterminants. L’ouverture commerciale, la stabilité du système politique, la gestion efficace des ressources naturelles, le développement technologique, la quantité de ressources humaines qualifiées, sont souvent évoqués comme facteurs explicatifs des progrès de la Chine. Cependant, très souvent qualifié de « miracle économique », l’expérience de développement de la Chine semble en réalité plus procéder de la mise en œuvre rigoureuse d’une démarche, dans le cadre d’une vision implacable et partagée.

Ainsi, la gouvernance, et notamment la gouvernance économique semble également être fortement explicative des performances de développement dont fait montre la Chine depuis ces cinquante dernières années.  Au plan conceptuel, la Banque Mondiale, sur la base des travaux de Kaufmann et Kraay (1990), défini la gouvernance comme les traditions et les institutions au travers desquelles s’exerce l’autorité dans un pays.;

D’après le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la gouvernance se décline en trois dimensions : politique, administrative et économique. La gouvernance politique englobe les processus par lesquels les gouvernants sont choisis, rendus responsables, contrôlés et remplacés. Les décisions prises dans ce cadre ont des incidences sur l’élaboration des politiques. La gouvernance administrative ou institutionnelle, renvoie au respect des institutions régissant les interactions économiques et sociales, et comprend les décisions ayant des incidences sur le système de mise en œuvre des politiques. Et enfin la gouvernance économique se rapporte à la capacité des gouvernants à gérer efficacement les ressources et à formuler et appliquer de saines politiques économiques. Les incidences sont ici observées sur les activités économiques et sur les relations économiques avec le reste du monde.

C’est donc cette dernière dimension qui nous intéresse dans le cas présent, à savoir précisément, la caractérisation des processus de définition, de mise en œuvre et de suivi des politiques économique ayant permis à la Chine de réaliser en peu de temps, des progrès de développement spectaculaires. De fait, il pourrait être de bon ton de s’appesantir sur les particularismes de la gouvernance économique de l’Empire du Milieux, qui, force est d’admettre, aboutit à un bilan globalement positif. Sans prétendre à l’exhaustivité, quatre caractéristiques nous semblent particulièrement intéressantes à partager dans l’analyse de la gouvernance économique de la Chine et pouvant potentiellement parler aux pays d’Afrique subsaharienne.

1- Une stratégie de développement endogène : la politique de réforme et d’ouverture

La gouvernance économique de la Chine est à plusieurs points de vue intéressante à étudier, du fait notamment de ses singularismes, qui rompent parfois avec les modèles généralement observés dans les économies développées, et le plus souvent préconisés par les institutions de Bretton Woods. Le moins qu’on puisse dire, est qu’il s’agit d’une gouvernance suivant une définition auto-déterministe, d’inspiration propre à la Chine. Cette singularité chinoise est d’autant plus intéressant à étudier au regard des résultats souvent mitigés des politiques économiques proposées par les Institutions Economiques et Financières Internationales aux pays en développement, et dont l’une des critiques tient souvent à leur faible prise en compte des spécificités des pays où elles sont appliquées.

En rappel, à la proclamation de la République Populaire de Chine en 1949, et sous l’ère de son premier dirigeant Mao Zedong, le pays adopte une politique d’économie planifiée, suivant une philosophie dite de la « révolution culturelle », très proche du modèle soviétique de l’époque. Il s’agissait d’un dirigisme économique strict, fondé sur la collectivisation des outils de production et la suppression des droits de propriété. Le système productif est à cette époque majoritairement primaire et presqu’essentiellement agricole, et le peu d’industries existantes sont principalement des industries lourdes, tel que notamment la production d’acier pour l’armement. L’ère de Mao, aura eu quelques mérites. Elle a pu mettre en exergue, une organisation politique et administrative forte et disciplinée, une main d’œuvre nombreuse, travailleuse, et déterminée à la cause commune du développement. La culture de l’esprit d’effort commun, voire de sacrifice, pour un mieux-être s’enracine à cette époque. Toutefois, cette orientation a globalement échoué à sortir la Chine de la pauvreté. En effet, durant la période Maoïste, les rendements agricoles sont faibles, les industries peu productives et peu rentables, le niveau d’infrastructure est faible tout comme le niveau de scolarisation, et l’économie est à cette époque très introvertie.  Mao Zedong dira lui-même en 1950 : « La Chine était premièrement très pauvre et deuxièmement une page blanche ».

La gouvernance économique chinoise, prendra un tournant décisif en 1976 avec la politique de la réforme et d’ouverture, mise en œuvre par le successeur de Mao Zedong, Deng Xiaoping[1]. La réforme de la politique et d’ouverture marque une rupture nette avec le dirigisme socialiste strict de Mao, et entend projeter la Chine vers la prospérité économique suivant deux piliers majeurs, à savoir la modernisation de la production et l’ouverture au commerce international. La modernisation productive vise quatre secteurs majeurs, l’agriculture, l’industrie, la défense, et les sciences et techniques. C’est ainsi que dès 1978, on assiste à la suppression de la collectivisation des terres et des quotas de livraison à l’état, ainsi qu’à la création de plus de 8 millions de PME en zone rurale. Les prix sont libéralisés, l’entreprenariat privé encouragé, et on assiste à une migration du capital des industries vers des industries de consommation courante, plus rentables.

La politique de la « porte ouverte » permet une attraction remarquable des investissements directs étrangers (IDE), grâce notamment à la création de nombreuses zone économiques spéciales destinées aux entreprises étrangères telles que la célèbre ZES de Shenzen. Cette forte stimulation des IDE, a fait de la Chine « l’usine du Monde », permettant aux firmes multinationales d’y produire à des coûts plus compétitifs et de réexporter vers les marchés extérieurs, d’où l’ouverture commerciale. Avec l’accroissement de la classe moyenne, les importations de biens manufacturés ont également augmenté, faisant également de la Chine l’un des plus important marché au monde pour les entreprises internationales. En 2001, le Chine adhère à l’Organisation Mondiale du Commerce, démontrant sa pleine adhésion aux règles internationales de l’économie de marché. La Chine signe aussi de nombreux accords de libre-échange (ALE). Pour illustration, en novembre 2020, la Chine a signé avec quatorze autres pays d’Asie et du Pacifique, le plus vaste ALE du Monde en terme de PIB.

La politique de réforme et d’ouverture a connu différentes phases de mises en œuvre et diverses évolutions mais continue jusqu’aujourd’hui être la trame de fond de la gouvernance économique de la Chine, et ce avec un succès patent, tel qu’illustré dans le graphique ci-dessous.

En trente ans, la Chine est passée de pays à revenu faible à pays à revenu élevé. Elle est aujourd’hui la deuxième économie mondiale et représente près de 20% du PIB mondial.  La réussite de la politique de réforme et d’ouverture est intimement liée à une autre caractéristique majeure de la gouvernance économique chinoise, à savoir la concrétisation d’une « économie socialiste de marché ».

La concrétisation d’une philosophie économique originale : l’économie socialiste de marché

L’économie socialiste de marché peut être considérée comme le modèle économique de la Chine, et dont la compréhension est fondamentale à l’ensemble des décisions de politique économique prise par l’Empire du Milieu. Historiquement, la Chine a consacré l’économie socialiste de marché comme son modèle économique en 1992, lors du 14e congrès du Parti Communiste Chinois (PCC). Ce modèle rend compte de la philosophie économique de la Chine et est inscrit comme cadre fondamental de l’activité économique dans la constitution de la Chine. 

De manière conceptuelle, la science économique classifie les systèmes économiques des nations suivant deux grands modèles classiques, à savoir les modèles libéraux et les modèles socialistes, entre lesquels existent un continuum de modèles hybrides, adaptés suivant les contextes. L’économie socialiste de marché peut être considérée comme une de ses adaptions, singulières à la Chine. Ce modèle vise la complémentarité du dirigisme économique et de l’économie de marché. De manière imagée, il est souvent évoqué, l’utilisation efficace de « la main visible » à savoir l’Etat, et de la « main invisible » qu’est le marché.  A l’opposée des thèses du les plus répandues au début du vingtième, démontrant un antagonisme irascible entre l’Etat et le marché, l’Etat étant considéré comme globalement à l’efficacité du marché, l’économie socialiste de marché recherche une concordance entre le rôle du marché et celui du gouvernement en faveur d’un développement économique et social inclusif et durable. Cette architecture suppose la coexistence d’un Etat fort et d’un marché libéralisé et dynamique, ce qui pourraient paraître pour certains comme utopique. Cela dit, la Chine a su réaliser cette osmose improbable.

En effet, la politique de réforme et d’ouverture a permis la privatisation de nombreuses entreprises étatiques et favoriser l’essor de firmes multinationales privées.  Le « rail libéral » de l’économie socialiste de marché est sans cesse stimuler et protégé, permettant à la Chine attirer un stock d’IDE de près e 1769 milliards dollars US en 2019, soit la deuxième performance mondiale après les Etats-Unis. De même, les multinationales chinoises investissent les marchés étrangers, faisant de la Chine en 2020, et ce malgré la pandémie du Covid -19, le premier pays investisseur à l’étranger.

Le « rail socialiste » de l’économie socialiste de l’économie de marché met l’emphase sur le rôle de l’Etat, comme garant d’une prospérité partagée, à travers sa régulation et ses investissements. Dans ce sens, l’Etat chinois, dans sa fonction de régulation veille limiter au maximum les externalités négatives du capitalisme. C’est ainsi que des lois sont prises pour protéger les PME rurales faces aux multinationales et empêcher les dominations monopolistiques néfastes sur les marchés. L’Etat est ici le protecteur de la concurrence équitable. Dans sa dimension investissement, l’Etat assure la fourniture des infrastructures en quantité et en qualité nécessaire à la compétitivité des entreprises, mais assure également des investissements sociaux, facilitant l’accès aux commodités et aux soins de base pour tous. L’investissement de l’Etat est également orienté vers les grandes entreprises qui constituent des fleurons du savoir-faire technologique chinois et qui génèrent des effets entrainement pour des firmes privées moins grandes de manière à peser davantage dans la concurrence internationale face aux firmes de autres pays développés. Le cas de l’entreprise HUAWEI, aujourd’hui faisant partie des trois plus grandes firmes du secteur des smart phones, en est un exemple.

Il est aussi important de souligner le rôle de l’Etat dans l’économie Chinoise, est tributaire de la stabilité et de la puissance du régime politique, et donc intrinsèquement lié au PCC, qui est en réalité le véritable architecte de la politique économique en Chine.  C’est le lieu de rappeler que le PCC est le plus grand parti politique au Monde par son nombre de militants et d’adhérents (plus de 100 millions en 2018), et dirige le pays depuis 1949.

 – La réduction des écarts entre les zones urbaines et les zones rurales

Une autre particularité marquante de la gouvernance économique de la Chine, est la stratégie de rattrapage des zones urbaines par les zones rurales. Le schéma de développement macro-économique est pensé de manière à réaliser une « société modérément prospère à tous les égards ». Les efforts de développement visent donc à permettre des conditions de vies et des opportunités suffisantes en zone rurale, et éviter ainsi l’exode rurale. Bien que les grandes métropoles restent les principaux centres d’attraction économiques, les zones rurales peuvent également promouvoir leurs atouts locaux, pour créer des chaînes de valeur territoriales et ainsi créer leur propre attractivité face zones économiques spéciales et aux autres mégalopoles. 

Ainsi, dès 1978, le gouvernement de DENG XIAOPING a mis en place lesystème de responsabilité paysan pour favoriser la production agricole des zones rurales et créer des filières localisées dans les terroirs. Les paysans sont désormais libres de choisir leurs cultures et les quantités à produire ne sont plus soumises au quota. Cette libéralisation rurale, favorise l’entreprenariat local et environ 8 000 000 de petites entreprises sont créés dans les zones rurales, ce qui permet de générer plus de 120 000 000 d’emplois. Aussi, la gouvernance économique d’un pays aussi peuplé, exige un certain pragmatisme dans l’aménagement du territoire et la gestion des flux migratoire. Ainsi, afin de garantir la pérennisation des processus de croissance en zone rurale, l’Etat chinois a mis en place un système de double résidence supposant des permis de résidence ruraux et des permis de résidence urbains. Cette stratégie vise à éviter l’exode rurale qui draine la main d’œuvre et le capital dans les grandes villes au détriment des campagnes, tel que cela a d’ailleurs pu s’observer lors de la révolution industrielle aux Etats-Unis et en Europe.

Depuis la cinquième session plénière du 19e Comité central du PCC en 2021, la Chine a adopté la « circulation duale » ou « double circulation » ayant pour objectif de réduire la vulnérabilité de la Chine aux chocs extérieurs en stimulant la demande domestique (la circulation interne) et en diminuant l’importance de la demande extérieure (la circulation internationale) en tant que moteur de la croissance économique chinoise. En fait, il s’agit d’un modèle de développement fondé sur le marché intérieur comme pilier de la croissance économique et qui visent donc à mieux faire émerger les filières locales. Cette mise en valeur des filiales locales, souvent exclues des circuits de d’exportation classiques de la Chine, est également au cœur de l’initiative la Ceinture et la Route (ICR), encore dite « nouvelles routes de la soie », visant donc à faciliter à faciliter les productions des terroirs grâce à la construction d’un vaste réseau d’infrastructures intercontinental.

Cette priorisation des stratégies de développement local a eu pour conséquence d’accroître le niveau de vie de la population rurale et plus globalement, de pratiquement éradiquer la pauvreté extrême en Chine. Ainsi, entre 1990 et 2015, la proportion des personnes vivant avec moins de 1,90 dollars US jour est passé en Chine de plus de 66% à moins d’1%, tel que le montre le graphique ci-dessous.

Le leadership technologique

La majeure partie des théories disponibles sur la croissance économique convergent vers l’identification du progrès technique comme véritable moteur de croissance à long terme. En fait, une économie, après avoir user des facteurs de production traditionnels, à rendement naturellement décroissant, tels que la terre, le capital et le main d’œuvre, doit pouvoir générer un progrès technologique, si elle veut continuer de réaliser une croissance économique. C’est ainsi qu’on peut facilement observer que les pays développés sont ceux capables de créer et commercialiser des produits de consommation innovants, issus des progrès technologiques, qui leur assureront un avantage sur les marchés, dont ils pourront profiter à long terme. (Jusqu’à ce que ladite technologie elle-même soit remplacée par une autre, devenue obsolète)

L’empire du Milieu a bien compris cette donne mondiale, qui détermine les grandes puissances et qui donne lieu à une course féroce à l’innovation. En effet, dès son arrivée au pouvoir en 1978, l’ambition de DENG XIAOPING était claire : « sortir la Chine de la pauvreté et la hisser parmi les principales puissances mondiales ». Ce dessin ne pouvait se réaliser sans un saut technologique significatif.  C’est ainsi qu’après l’Angleterre (1800-1900), les Etats- Unis (1950-1960), et le Japon (1970-1980), les Dragons d’Asie et plus particulièrement la Chine a bénéficié de de la 4ème vague de transfert de technologies (depuis 1990) qui a fait de cette partie du monde l’usine du monde. Ces transferts ont généré des compétences permettant par la suite de générer des innovations endogènes à même de rivaliser avec les produits manufacturés des puissances technologiques. Ainsi, après 30 ans de rattrapage économique, il est devenu évident que toute poursuite de la croissance de la Chine était liée à sa capacité à innover. L’innovation y est donc entrée dans les esprits comme la « nouvelle normalité ».

Ainsi, en 2019 la Chine a déposé 58990 demandes internationales de brevets, dépassant ainsi pour la première fois les Etats-Unis (57840).  Plus de 197 entreprises de plateformes numériques valant chacune plus d’un milliard de dollars ont été recensés sur le territoire chinois en 2020. La valeur ajoutée e l’industrie manufacturière de haute technologie de la Chine a augmenté de 23,5%. La production de véhicules à énergies nouvelles, de robots industriels, et des circuits intégrés a augmenté respectivement de 205%, 69,8% et 48,1% entre 2018 et 2019. Ce bon technologique a permis à la Chine de concrétiser sa transformation structurelle, avec une migration significative de la production de richesse dans le temps, du secteur primaire vers le secteur tertiaire à haute intensité technologique tel que représenté dans le graphique ci-dessous.

De ce qui précède, il est assez aisé de constater que la Chine, bien que parti de loin, a réussi à devenir la deuxième puissance économique mondiale, grâce à une gouvernance économique originale. Cette gouvernance, se caractérise entre autre, par une philosophie économique utilitariste propre, centrée sur le bien-être de tous, sans toutefois renier les vertus de la richesse individuelle.  Cette philosophie utilise de manière complémentaire deux piliers que sont le marché et l’Etat, l’Etat étant l’architecte et le garant dynamisme du marché. Ce dynamisme est lui-même tributaire de l’esprit d’entreprenariat, notamment dans les zones rurales, mais également des capacités d’innovation des grands centres urbains.  

Par Nabil Aman NDIKEU NJOYA

Enseignant-Chercheur en Sciences Economiques

Chargé de Cours à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun


[1] La politique de réforme et d’ouverture a été élaborée dès 1975 par Zhou Enlai, alors premier ministre de Mao et d’autres modernistes du Parti Communiste Chinois (PCC) tels que Liu Shaoqui et Deng Xiaoping.

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