Cameroun : Effet boomerang de la camair-co.

Cameroun : Effet boomerang de la camair-co.

Depuis la transition de la Cameroon Airlines à la Cameroon Airlines Coorporation, l’entreprise tourne en rond pour se perdre.

Environ dix ans l’indépendance du Cameroun, Ahmadou Ahidjo, Président de la République à cette époque, frustré par les atermoiements d’Air Afrique, lance dans le ciel radieux Camerounais la CAMAIR (Cameroun Airlines). C’était sa fierté, il en parlait avec passion, émotion et veillait à son fonctionnement comme la prunelle de ses yeux.

Fort de cette audace, la compagnie a réussi à se hisser parmi les meilleurs en Afrique de par sa qualité du service, la rigueur et le professionnalisme de ses agents, et, surtout son importante flotte, au point de créer quelques jalousies dans la sous-région.

Aujourd’hui, que reste -t-il de ce précieux sésame ? Rien ou presque, car, l’entreprise n’a plus de flotte, ou, ce qui en tient lieu de résume à un ou deux avions dont l’état de fonctionnement ne rassure pas.

La compagnie croule sous une dette abyssale de plus de 122 milliards de francs CFA à la fin de 2020. Autre point critique, l’effectif pléthorique d’environ 420 employés toujours à la même période, le point culminant étant la masse salariale. L’année 2021 a très bien commencé pour cette structure qui a vu l’arrivée de nouveaux dirigeants aux profils acceptables à la direction générale et à la présidence du conseil d’administration. Vont-ils réussir là où les autres ont échoué ? Là est la question que se pose le commun des Camerounais habitués aux scandales de cette entreprise. Cette interrogation en réalité cache un malaise profond d’une société où les dirigeants semblent ne pas anticiper les crises et se contentent à apporter des solutions plus ou moins cosmétiques aux situations profondes.

Pour Philippe NSOA, la relance de CAMAIR-CO dans son environnement actuel est hypothétiques « Pour être honnête si l’on devait tirer les conséquences des contre-performances de CAMAIR-CO sur le plan comptable, il y aurait lieu de prononcer la faillite de cette compagnie aérienne. Le cabinet Okalla Ahanda & Associés, commissaires aux comptes de CAMAIR-CO, relevait déjà en juin 2020 que les capitaux propres de cette entreprise étaient devenus inférieurs à la moitié du capital social et que son assemblée générale devrait décider, s’il y a lieu, de procéder à la dissolution anticipée de la société ou non ».

Société vivante éternellement sous perfusion financière étatique « étoile du Cameroun », n’a pas été épargné par les dégâts de la pandémie à Corona virus qui est venue envoyer à l’actif de la mort un malade plongé depuis longtemps dans un coma profond. L’état, dos au mur, semble faire une sorte d’aggiornamento. C’est en tout cas ce qu’on peut percevoir dans la correspondance adressée le 14 juillet 2020 au Premier ministre Joseph DION NGUTE, par le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand NGOH NGOH, où il y est dit: « le chef de l’état demande au premier ministre, chef du gouvernement d’élaborer en urgence, en collaboration avec le ministre des transports, le ministre des Finances, le ministre du travail et de la sécurité sociale, CAMAIR-CO et la CCAA (autorité aéronautique),un plan de restructuration, de relance et de développement de la compagnie dans l’optique d’ouvrir son capital social à hauteur de 51% à un partenaire stratégique privé conformément à l’article 5 du décret du 11 septembre 2006, portant création de CAMAIR-CO ».

En attendant le rapport et les conclusions de ce plan de relance véritable, boussole de cette « CAMAIR-CO née de nouveau », espérons l’éthique, le professionnalisme et le patriotisme seront de mise dans le choix du futur partenaire qui viendra alléger les souffrances endurées par les voyageurs Camerounais obligés de se faire desservir par des compagnies étrangères dans leur propre pays.

Thierry EDJEGUE

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