Cameroun : Un policier gardé à vue pour meurtre

Cameroun : Un policier gardé à vue pour meurtre

Les populations du quartier nkoldom à Yaoundé, ont été témoins, le 18 avril 2021 d’une scène effroyable. Un policier tire une balle sur un monsieur vivant avec un handicap. Celui-ci va succomber à ses blessures, le dimanche 2 mai 2021 à l’hôpital général de Yaoundé.

Emmanuel Makolla Essoh, restera désormais un nom de mémoire. Car victime le 18 avril 2021 de l’incivisme d’un officier de police. Après le coup de feu reçu par Emmanuel, il sera transporté d’urgence à l’hôpital général de Yaoundé. Malheureusement, la balle logée dans le cou, n’était pas de nature à lui accorder une chance de survie.

Les faits sont essentiellement sacrés

Selon les témoignages des riverains, la victime n’a pas eu le temps de digérer les moments passés dans un bar avec ses frères. Car, c’est au sortir de la buvette, pour se rendre chez lui, que le malheur s’abattra sur lui.

En chemin pour son domicile, un véhicule se gare devant Emmanuel et ses frères. C’est alors qu’un officier de police descendit laissant une dame à bord du véhicule. Arme à la main, il tire sans aucune forme de protocole sur l’infortuné.

Le policier au courroux inexplicable, va tenter de s’en fuir. Mais, la foule en furie va le stopper net dans son intention. Ce n’est que l’intervention d’une cinquantaine de collègues, du tireur d’élite que, l’officier de police en service au commissariat de sécurité publique de batchenga aura la vie sauve.

Le policier dans son élan tue un innocent

La colère du policier ne visait pas Emmanuel. La balle était plutôt destinée à un certain Henri Diphoum Mbella, frère du défunt. Ce dernier, aurait un différend avec le policier, depuis 2019. Henri aurait effectué des travaux de maçonnerie chez le policier. Ce serait la somme de 85 000fcfa, qui serait à l’origine des promesses de mort si l’on s’en tient aux témoignages.

Henri est actuellement en garde à vue, à la division régionale de la Police judiciaire. Son crime serait d’avoir échappé à la mort, pour une somme de 85.000 FCFA. Cette situation qui n’arrange pas la famille déjà assez éprouvée, pense que c’est une injustice de plus.

Une justice impartiale pourrait satisfaire la famille du défunt

L’on peut tout de même s’interroger sur l’arrestation de Henri Diphoum. Il faudrait rappeler qu’aucune plainte n’a été déposée contre lui. Il devrait donc être libéré, car d’après la famille c’est une détention arbitraire.

En référence aux textes juridiques internationaux, le policier est en mauvaise posture. L’article 6 des textes ratifiés par le Cameroun, relatif aux droits civils et politiques est péremptoire. Il stipule d’ailleurs que :  » Le droit à la vie est inhérent à la personne humaine. Ce droit est protégé par la loi. Nul ne peut arbitrairement hôter la vie ». L’officier de police n’est donc pas en bonne grâce avec les textes.

Avec le texte régissant la déontologie de la police camerounaise, la famille a des arguments pour obtenir gain de cause. Ce code de déontologie, fait état de ce que, l’usage d’une arme à feu n’est envisageable qu’en cas d’extrême nécessité. Il s’agit de la légitime défense ou alors de la soustraction d’un tiers, d’une menace de mort imminente.

L’ ONG Mandela center se saisi de l’affaire

Pour plus d’efficacité l’ ONG Mandela center, a été mandatée par la famille pour poursuivre l’affaire. Bien que l’enquête soit en cours à la DPJ, Jean Claude Fogno, responsable de l’ ONG a fait enregistrer une plainte contre l’ État du Cameroun au tribunal militaire pour assassinat.

 « Ce policier a utilisé l’arme de l’Etat, qui a coûté la vie à un individu. Nous estimons que la responsabilité de l’Etat est engagée » . Affirme ainsi, Jean Claude Fogno, de l’ ONG Mandela center. Accusant quelques manœuvres de la part des collègues du policier tueur, l’ ONG a saisi le délégué général à la sûreté nationale.

Des proches de la famille font savoir qu’à l’annonce du décès d’Emmanuel, des personnes sont allées à l’hôpital leur demander d’inhumer immédiatement le corps. Chose évidemment refusée. Pour se défendre le policier convoque la légitime défense. Il fait savoir qu’il se défendait, dans une bagarre au cours de laquelle on voulait lui prendre son arme.

Bien que cet argument ne puisse faire foi, car la scène s’est déroulée en plein jour devant témoins. L’ ONG Mandela center, se veut de plus en plus vigilante. Et veillera donc à ce que le coupable paye pour son crime. Mais cette justice ne ramènera à une épouse et aux enfants cette figure honorable qu’ils viennent de perdre.

DONALD ARMEL OMOLOBINA

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