Mémoire : Sur les traces d'un héritage pluriel de Mongo Beti

C’est en octobre 2001 que l’écrivain camerounais et promoteur de la Librairie des Peuples Noirs quittait la scène. Retour sur les grands succès de sa vie.

Mongo Beti, écrivain franco-camerounais né sous le nom d’Alexandre Biyidi Awala, pose le 25 février 1976, avec son livre « Main basse sur le Cameroun, autopsie d’une décolonisation », censuré à sa parution en 1972. Mongo Beti, né au Cameroun en 1932, mène une carrière de romancier, essayiste, enseignant, libraire et éditeur. (Photo by STAFF / AFP)

Ville cruelle, Le pauvre Christ de Bomba, Mission terminée, Le roi miraculé, Remember Ruben, La France contre l’Afrique, Trop de soleil tue l’amour, Branle-bas en noir et blanc et bien d’autres , Mongo Beti ou Alexandre BIYIDI AWALA de son vrai nom, écrivain très prolifique aura édifié et émerveillé par le contenu de ses productions.

La pertinence des centres d’intérêts

Des sujets abordés à la qualité de la langue, l’écrivain anticolonialiste aura tantôt fait la fierté de la société dont il peignait les réalités, tantôt choqué par le courage et la franchise des phénomènes et réalités abordés dans ses ouvrages.

Un amour assumé pour les pseudonymes

Alexandre BIYIDI AWALA était aussi Eza Boto , comme il se plaisait à être Mongo Beti . La multiplicité de ses pseudonymes a souvent révélé la richesse d’une imagination africaine forgée à l’école occidentale mais rehaussée et enrichie par les stigmates d’une histoire bien africaine. Histoire pas toujours gaie et très souvent pervertie par une emprise un peu trop occidentale, lorsque ce n’est pas de l’ordre d’un assujettissement volontaire systématique, d’une afrique résignée et complice. Pas qu’il haïssait le « blanc » , puisqu’il en avait épousé l’une des belles expressions et celle-ci a partagé sa vie pendant plus de 30 ans.


Mongo Beti parlait de tout; de tout ce qui pouvait construire et affranchir , grandir et honorer une afrique longtemps étouffée, dans l’espoir de la voir enfin comprendre et jouer son indispensable partition dans la symphonie de la grande mélodie mondiale.

Une œuvre pérenne

Né à Akometam au Cameroun , Alexandre BIYIDI AWALA avait réussi à être citoyen du monde. Ce monde qu’il a voulu reproduire en terre camerounaise à travers l’ouverture d’un espace où transitent et se côtoient des imaginations, des histoires et des écritures de pays et de continents divers : la Librairie des Peuples Noirs. Une librairie dont la contribution et la position sont aujourd’hui indéniablement honorables sur le plan national.


Du sujet sur la dialyse donc la défaillance au Cameroun lui aura coûté la vie en 2001, Mongo Beti aurait à coup sûr fait un autre chef d’oeuvre , dans une description imagée à la Tanga nord et Tanga sud. 20 ans après son départ , son œuvre reste impressionnante, ses texte sont étudiés à travers l’Afrique et le monde, comme fièrement dressée un plein cœur de la cité capitale politique camerounaise. L’artiste n’est pas près de mourir.

Rolande AGONG

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