Tchad : Idriss Déby, trois décennies de pouvoir et de combats

Tchad : Idriss Déby, trois décennies de pouvoir et de combats

Arrivée à la magistrature suprême par les armes en 1990, les 30 années de règne de Idriss Déby, n’ont pas été de tout répit. Son passage à la tête de l’Etat, sera marqué par d’intenses conflits internes.

Le règne d’Idriss Deby Itno (IDI), ne lui a pas offert des vacances dignes d’un prince. La vie socio-politique et sécurité du Tchad, sera sous le joug des conflits internes. Accusé d’avoir monopolisé le pouvoir avec un clan militaires Zaghawa, les tensions feront très vite irruption au Tchad. Ces conflits vont entraîner la détérioration des relations intercommunautaires.

Favoritisme clanique, source de conflits internes.

Il est à noter que, le peuple Tchadien sera révolté dès la prise du pouvoir par IDI. Ceci du fait, de la mauvaise distribution des ressources de l’Etat. Pour pallier à la situation qui entache les prémices du pouvoir, Déby va rapidement prendre des mesures. Mais celle-ci, ne suffiront pas à apaiser les tensions.

Le retour au multipartisme, ne suffira pas à calmer le peuple assoiffé de justice. IDI devra alors compter sur ses suppôts occidentaux, pour mâter le peuple selon son idéal de démocratie. C’est ainsi qu’il briguera son premier mandat, au travers des élections, dont il aura maîtrisé le secret pendant trois décennies.

 2004-2007, Déby retombe dans un tourment de conflits internes.

Ni l’augmentation des revenus de l’Etat grâce à la manne pétrolière en 2004, ni les processus électoraux soutenus par ses alliés occidentaux, ne pourront asseoir, une véritable démocratie. C’est dont le déclenchement, d’un nouveau courroux des populations. Cette fois, les populations accusent un système de gouvernance dictatoriale, qui les entraîne à des affrontements. Pour taire ce nouveau conflit au Tchad, Déby aura pesé de tout son poids au sein de la communauté internationale.

Celle-ci devra appuyer l’organisation d’un processus de réconciliation nationale. IDI accentuera son action, sur la réforme de l’Etat. Il donnera ainsi un nouveau paradigme à l’administration territoriale, et des services de sécurité. Ce qui mettra fin à l’insurrection, et dans le même temps, un processus régional verra le jour pour mettre fin au conflit Tchad- Soudan.

 Idriss Déby multiplie les approches pour parvenir à la réconciliation.

Le leitmotiv de Déby était la paix. Pour se faire, il signe le 13 août 2007, un accord politique avec l’opposition. Ledit accord, traite essentiellement des réformes électorales. Mais très tôt, le camp d’en face va se rendre compte de la duplicité du gouvernement. L’accord signé, ne présente aucun indice de changement profond de la gouvernance.

Six mois après la signature de cet accord, une attaque rebelle est lancée. C’est la preuve de ce que l’accord en question, ne pouvait pas servir de pare-chocs à un conflit interne. Il a déjà rappelé qu’il avait été signé, sans véritable consultation nationale. Seule l’UE et la France, sollicité par Déby, mettront fin à une rébellion armée au Tchad.

 Idriss fait face à la colère de son clan.

Pas de répit, que le président tchadien fait face à un nouveau conflit interne. Une crise cette fois aggravée, par les attaques répétées du Soudan et la présence des rebelles du Darfour sur le sol tchadien. Déby mettra sur pied, une stratégie pour soutenir les rebelles soudanais du Darfour.

Elle permettra d’ailleurs, d’apaiser le mécontentement de son clan, qui avait engagé un conflit contre l’Etat Tchadien. C’est ainsi que Déby, pourra regagner la sympathie des Zaghawa. Plusieurs autres conflits internes auront meublé les trois décennies de IDI à la tête de l’Etat Tchadien. Mais, il aura tenu ferme jusqu’au moment où les rebelles auront raison de sa vie. Ceci, à la veille d’un mandat qu’il ne connaîtra que de mémoire de mort.

 Idriss Déby Itno, le courage sans limite.

Le 1er février 2008, au cours des combats à Massaguer, à 80km de Ndjamena, Déby échappe à un kidnapping des rebelles. De retour dans la capitale, son palais encerclé par des assaillants armées. Suite à cette affaire, il confie aux confrères de Jeune Afrique, dans son numéro 2531, parution du 12 au 18 juillet 2009 une déclaration forte. : » Je ne connais pas la peur ; protéger mon pays m’apporte sérénité et calme aux moments les plus critiques. Et puis je ne suis pas quelqu’un qu’on attrape. Je ne suis pas fait pour cela. On dira peut-être un jour qu’Idriss est mort sur le champ de bataille. Mais, on ne dira jamais qu’il a été capturé, ou qu’il a été fait prisonnier. Mon honneur de général de l’armée du Tchad me l’interdit « . C’est alors que, la prophétie de l’homme d’Etat fut accomplie, le 20 avril 2021.

DONALD ARMEL OMOLOBINA

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