Tchad : Prémices d'une transition sous fond de timidité

Tchad : Prémices d'une transition sous fond de timidité

Cinq mois après le décès du maréchal Idriss Déby Itno, le Conseil Militaire de Transition (CMT), se presse lentement dans le processus de transition.

Immédiatement après la mort d’ Idriss Deby Itno, un Conseil Militaire de Transition a vu le jour. Ledit conseil, est présidé par Mahamat Idriss Déby Itno, fils du défunt président. Il s’était donné pour mission, un appel au dialogue et à la paix, pour la construction du Tchad par ses fils et filles. Pour une période de 18 mois, un Conseil National de Transition devrait donc garantir l’indépendance nationale, l’intégrité territoriale, l’unité et le respect des traités et accords internationaux.

Vers un dialogue inclusif.

Parmi les prérogatives du CMT, le dialogue national comptait pour le rassemblement du peuple Tchadien, dans son entièreté. 70 membres, ont été nommés, pour constituer le comité d’organisation du dialogue national inclusif. Celui-ci comprend en son sein, des anciens opposants du système Idriss Deby Itno de regrettée mémoire, à l’instar de Saleh Kebzabo. Il pense pour sa part que, la tenue du dialogue, doit rassurer les sceptiques, quant à la durée de la transition. Il se veut d’ailleurs très strict, sur le respect des 18 mois qu’avait annoncé le CMT. Dans une sortie médiatique en date du du 14 août 2021, il a déclaré : « Je crois qu’il y’a un engagement du CMT, de conduire le Tchad aux élections dans une transition de 18 mois… J’ai rédigé un chronogramme, à partir duquel il est patent que la transition va durer 18 mois et pas plus ».

Au sein de la coalition de l’opposition Wakit Tama, les avis sont divergents. D’une part certains membres se désolidarisent de ce dialogue. Ils le qualifient d’ailleurs, de parodie de dialogue. Tout en estimant que, sur le fond rien n’a changé et que faire confiance au CMT et au Conseil National de transition (CNT), serait foncer droit dans un mur.

Par contre, Mahamat Nour Ibedou, secrétaire général pour la convention tchadienne pour les droits humains (CTDDH), et même du collectif Wakit Tama, s’engage dans le dialogue. Il faut rappeler que, sa décision de rejoindre le dialogue n’est en aucun cas une démission de Wakit Tama. Il a indiqué le samedi 11 septembre 2021 que :  » Nous avons lutté en dehors du système. Et là nous risquons d’être éternels contestataires. Nous refusons de subir désormais, nous avons décidé de lutter de l’intérieur ».

Les craintes du peuple Tchadien.

Il faut tout de même reconnaître que la situation du Tchad, n’est pas sans crainte pour son peuple. Celui-ci redoute non seulement la prolongation de la transition, mais aussi des manœuvres pour maintenir le fils Déby à la tête de l’État.

D’après le journaliste et opposant tchadien, Makaïla Nguebla :  » On est entrain de nous entraîner, vers une prolongation de la transition » , a-t-il déclaré. Un point de vue qui tire ses motivations, des conditions que pose le président du CMT. Il s’agit d’ un consensus inter-tchadiens et des moyens financiers, pour parvenir à la transition.

Il est clair qu’une éventuelle prolongation de la période de transition, contribue à la prolongation de Mahamat Idriss Déby Itno à la tête du Tchad. Serait-ce une politique de ruse pour se maintenir au pouvoir ? Pourrait ainsi s’interroger le peuple tchadien.

DONALD ARMEL OMOLOBINA

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