Drame : Les victimes Snobées d’Eseka

Drame : Les victimes Snobées d’Eseka

Malgré les fortes promesses faites en direction des populations et familles endeuillées par ce drame, rien jusqu’ici ne semble avoir évolué, c’est le silence total côté gouvernement. 

L’histoire est digne des plus grands films d’horreur. Le Cameroun Comptait ses morts le 21 octobre 2016. Près de 80 morts de sources officielles et bien plus, selon certains témoignages de victimes. Eseka est le théâtre d’une catastrophe ferroviaire qui renvoie à la figure du pays de Paul Biya, les défaillances et la négligence entretenues, sous son nez par des partenaires pourtant en charge de milliers de vies Camerounaises. « Ce qui a été à l’origine de la catastrophe d’Eseka en Octobre 2016, c’était justement la défection, le non fonctionnement du système de freinage. Le système de freinage n’a pas fonctionné lors de la catastrophe et donc sur le viaduc, à la descente, le train a pris une allure que le conducteur n’a plus pu maitriser » confie Omer DJOMO, un des nombreux survivants de ce drame.  

Le Cameroun pleure ses enfants à chaudes larmes ; le Gouvernement Camerounais annonce la construction d’une stèle, de son côté, Camrail et son assureur promettent une indemnisation des victimes. Ce branle-bas de promesses et d’engagements réchauffent des cœurs et les victimes appellent de tous leurs vœux la réalisation de toutes ces belles intentions. De belles intentions qui laissent les victimes sur leur faim.

On est en 2021, près de 06 années plus tard, le sort des victimes de la catastrophe d’Eseka et leur famille laisse un goût mitigé. « Nous victimes restons encore sur notre faim parce qu’on n’a pas eu la totale réparation comme il se devait de l’avoir. Je n’ai pas réclamé personnellement quoi que ce soit par contre, j’ai vu des gens dont la catastrophe a véritablement transformé, mais alors négativement leur vie et qui aujourd’hui peinent à s’insérer, à reprendre leurs activités sans pour autant que le concessionnaire Bolloré ou encore l’Etat du Cameroun s’en émeuvent » confie Omer DJOMO.

Des mémoires oubliées aussi avec une stèle toujours en chantier, et des familles délaissées et résignées. Au lendemain même du lancement de l’opération d’indemnisation des victimes annoncée par Camrail, des voix s’étaient déjà levées pour décrier le manque de transparence et le difficile accès à l’information. Tout comme des voix trois années plus tard s’étaient levées pour dire leur déception face au montant présenté comme soutien du Président Paul BIYA aux victimes. L’artiste Koppo, victime de cette tragédie déclarait alors : « 80 kolo, déclarait Tout un Président … mieux tu restais avec … Paul BIYA a donné 70 kolo à Koppo par rapport à Eseka ».          

Nouvelles imprudences

C’est donc reparti sur la voie ferrée Douala-Yaoundé. Seulement, du drame d’Eseka, le Cameroun semble n’avoir pas tiré de leçons. « Est-ce que véritablement on a acheté de nouvelles voitures dont le système de freinage rentre en raccordement normal avec les locomotives, là est toute la question. Est-ce que les techniciens ne se tromperont plus pour atteler des voitures d’une marque x à une locomotive y ? (…) Je pense ces mesures-là n’ont pas été prises. Il fallait absolument rependre le transport sur ce tracé là … on s’y est mis sans pour autant acheter de nouvelles voitures, sans pour autant normer l’attelage » affirme Omer DJOMO.

 Rolande Agong

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