Que fait Paul Biya à Genève ?

Que fait Paul Biya à Genève ?

C’est à bord d’un Boeing 767-200 ER que Paul Biya s’est envolé ce 9 décembre à 11 Heures en direction de la suisse. Arrivé dans la fin de journée en terre helvétique, le couple présidentiel va prendre ses quartiers pour quelques jours à l’Intercontinental Hôtel de Genève.

7 mois après leur dernier séjour en terre helvétique, le Président de la République du Cameroun et son épouse Madame Chantal sont en Suisse. Il s’agit d’une escale avant le départ pour Washington où le Chef de l’État va prendre part au deuxième sommet États-Unis – Afrique. Comme à son habitude, Paul Biya a prévu un court séjour privé dans les luxueux appartements de l’hôtel Intercontinental où il a ses habitudes. Malgré des derniers passages perturbés par les activistes qui réclament le départ du pouvoir de Paul Biya, cette destination reste prisée par la délégation présidentielle. « Selon une enquête du consortium d’investigation Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), depuis son élection à la tête du Cameroun, Paul Biya aurait passé [ plus de ] quatre ans et demi à l’hôtel Continental à Genève ».

Si le président de la République du Cameroun connaissait jusqu’à un passé récent des séjours sans heurts dans cet établissement hôtelier, ce n’est plus le cas depuis quelques années. En effet, La BAS, un regroupement d’activistes, s’est donnée pour mission de boycotter les séjours du chef de l’État en terre européenne. En juillet 2019, elle avait même précipité son retour au Cameroun. Mais la situation semble désormais sous contrôle. Les autorités policières helvétiques ont déployé un blocus depuis les récentes manifestations pour maintenir les activistes à distance de l’hôtel. Mais pourquoi Paul Biya aime tant l’Intercontinental ?

Dans son livre L’Hôtelier (Ed. Hurter, 2007), Herbert Schott, l’ancien directeur de l’Intercontinental, situe le début de cette idylle il y a plus d’un demi-siècle. “Parmi les 150 chefs d’État que j’avais eu l’honneur de recevoir, un m’avait particulièrement impressionné. Il s’agit du président du Cameroun, Paul Biya. J’avais fait sa connaissance en 1969, alors qu’il était le chef de cabinet de la présidence du Cameroun. J’assumais à cette époque la fonction de chef de réception, et tout de suite le courant est passé entre nous. Avec le temps et à travers ses fréquentes visites à Genève, cette relation assez timide à l’origine s’était transformée en véritable et solide amitié”, écrit-il.

Herbert Schott poursuit : “Certaines coïncidences avaient par la suite contribué à nous rapprocher considérablement l’un de l’autre : nos promotions, [lui] comme Premier ministre de son pays et moi comme directeur de l’hôtel, puis, en 1981, son accession à la présidence de la République du Cameroun et moi à la direction générale de l’hôtel.Convaincu que nous avions un destin commun, continue l’hôtelier, il m’avait confié, lors d’une de ses visites à Genève, qu’il souhaitait vivement s’inspirer de la manière par laquelle je pensais pouvoir organiser ma retraite, afin qu’il puisse préparer progressivement son retrait de la vie politique.Il était “si attaché à Genève qu’il avait entrepris entre 1969 et 2002 plus de 55 visites à notre ville, toujours à titre privé”.

Source : Courrier International

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