Cameroun : Cohabitation parfaite entre réfugiés et population locale

Cameroun : Cohabitation parfaite entre réfugiés et population locale

Ils sont nombreux à se retrouver et à réussir leur insertion dans le pays de Paul Biya.

Terre d’accueil, havre de paix, cette réputation qui colle à la peau du Cameroun, lui va de toute évidence comme un gant. Le pays de Paul Biya est apparu au fil des années comme un « refuge », malgré la situation sécuritaire qui y est précaire et préoccupante, notamment dans ses Régions anglophones, où des groupes armés sécessionnistes n’ont pas fini de faire entendre leur voix, par des attaques plus meurtrières les unes que les autres. « On vient d’une dizaine de pays dont le Nigéria et la Centrafrique où on a fui la guerre et d’autres types d’insécurité pour se réfugier dans un pays qui contre toute attente réussie à garder le contrôle de ses terres et à préserver son intégrité territoriale », déclare un réfugié à Yaoundé. En 2019, le HCR annonçait la présence de 398.671 réfugiés en sol Camerounais. Un chiffre revu à la hausse un an plus tard.

Le Cameroun affiche désormais 443.918 réfugiés à son compteur, selon des chiffres rendus publics par le Haut-Commissariat pour les Nations Unies début 2021. 443.918 réfugiés, avec 72 % en provenance de la République centrafricaine, 26% du Nigéria et 2% d’autres pays. Des réfugiés vivant dans des camps ou hors camps, localisés majoritairement dans les Régions de l’Extrême nord, de l’Est et de l’Adamaoua. Les personnes réfugiées apparaissent vulnérables, très souvent marginalisées et exposées à de nombreux abus.

Et dans un contexte rythmé par des défis sanitaires mondiaux avec la pandémie à coronavirus, les personnes réfugiées apparaissent plus vulnérables encore dans les pays à faible revenus. Une Vulnérabilité qui doit être prise en compte dans le cadre des opérations de préparation, d’intervention et de réponse au coronavirus. Une Situation qui invite à une attention et à une prise en charge rigoureuse, les défis de cette prise en charge interpellant l’ensemble de la communauté internationale et nationale. 

Le thème d’ailleurs choisi pour l’édition 2021 de la journée des réfugiés l’indique à suffire : « Ensemble on se soigne, on apprend, on rayonne ». Invitant à rendre hommage et à accorder une attention davantage soutenue aux plus de 80 millions de personnes qui dans le monde, ont été contraintes de fuir leurs maisons, leurs pays pour trouver refuge dans des pays d’accueil. « Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons mettre fin à cette pandémie et nous rétablir. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons relancer nos économies. Et alors ensemble, nous pourrons tous revenir aux choses que nous aimons ».

Cette invite d’Antonio GUTERRES, Secrétaire Général de l’ONU, le Cameroun en a visiblement perçu et saisi la pertinence depuis 2016 en signant par le Ministère de la santé publique un accord cadre pour la prise en charge efficace des réfugiés centrafricains installés dans les Régions de l’Adamaoua, de l’Est, de l’Extrême-Nord et du Nord. Malgré l’insécurité qui sévit aux frontières septentrionales et orientales ainsi que dans les Régions anglophones, le Cameroun joue pleinement sa partition dans la mélodie du devoir humanitaire qui incombe à l’ensemble de la communauté internationale.

Une partition jouée avec brio au regard du nombre de réfugiés sans cesse croissant comme au regard du nombre de demandeurs d’asile. Le Cameroun va mal, peut-être, mais c’est visiblement le moindre mal dans la sous-région Afrique Centrale.

Rolande Agong

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