Cameroun : Silence de cimetière dans les temples du Savoirs

Cameroun : Silence de cimetière dans les temples du Savoirs

Campus mort dans les universités d’Etat, le mot d’ordre de grève du syndicat national des enseignants du supérieur lancé ce 25 janvier 2021 est largement suivi.

Dans un contexte politique marqué par plusieurs crises et des tensions actuelles, c’est au tour des enseignants chercheurs des universités d’Etat du cameroun d’entrés en jeu. En effet, il est question pour le syndicat national des enseignants du supérieur(SYNES) de dénoncer les conditions d’exercices intenables et de revendiquer le paiement de la quatrième tranche de la prime spéciale de la modernisation de la recherche universitaire pourtant décidée par décret présidentiel depuis 2009 mais qui n’est pas souvent versée dans les délais. À en croire le SYNES, c’est une grève qui pourrait être prolongée si le ministre Jacques FAME NDONGO ne décante pas la situation. Selon Dr. Woungen Jeannette, la secrétaire national à la communication du SYNES c’est une cessation d’activité qui s’étalera sur une semaine. Pendant ce temps, que deviennent les étudiants à quelques jours de la programmation des contrôles continus et de la normale ? Ce matin, l’Université de Douala est plutôt timide et la majorité des étudiants rencontrés sur le campus n’affiche pas fière allure, c’est le cas de Nadine en 2ème année de géographie qui déclare : << nous avions 3 cours magistraux hier mais aucun enseignant n’est venu. Aujourd’hui encore, nous avons 2 travaux dirigés mais nous n’avons pas encore vu l’ombre d’un enseignant>> un peu plus loin en FAC sciences, l’on observe des amphithéâtres et des salles complètement vides car plus d’un semblent honorer la décision du syndicat.

Une situation alarmante pour ces enseignants chercheurs qui sont souvent obligés de manifester leur mécontentement avant que la solution ne leur soit apportée, mais qu’est-ce qui coince au juste ? Dr Woungen jeannette répond <> En attendant que le mot d’ordre de grève soit levé, les étudiants déambulent dans les campus et certains se demandent << pourquoi les enseignants sont-ils marginalisés dans ce pays ? chaque année ils revendiquent la même chose et c’est nous qui subissons. le MINESUP a t-il déjà intégré le fait que ventre affamé n’a point d’oreilles? >> pour se rassurer de l’effectivité de cette grève du syndicat national des enseignants du supérieur dans les différents universités d’Etat du Cameroun, la secrétaire national à l’organisation du SYNES, Professeur Désiré JOMENI affirme : << la grève est très largement suivi et nous félicitons les collègues qui adhèrent de façon très massive au mot d’ordre de grève. on peut parler de 100% à la faculté des sciences et à la faculté des lettres, environ 90% . Tout à l’heure j’étais au téléphone avec ceux de Ngaoundéré et de Maroua pour avoir le point et il en ressort que la-bas ça a été très largement suivi >> Cependant, une seule question reste en suspend : pourquoi les magistrats et les autres fonctionnaires de la fonction publique n’ont pas les mêmes problèmes que les enseignants qui sont les formateurs du citoyen de demain ?

Martial SOP

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