Cameroun : Sombre bilan d’un endettement qui préoccupe

Cameroun : Sombre bilan d’un endettement qui préoccupe

Les emprunts contractés par le pays, n’ont presque servi à rien pour le développement collectif au nom duquel, ils ont été initiés. 

 L’ouverture le 08 Juin 2021 à l’assemblée nationale, de la deuxième session parlementaire relative à l’examen de l’action gouvernementale, vient remettre sur la table des débats, l’épineuse question de l’endettement public de l’Etat.  Sujet à controverse multiple, autour duquel, le gouvernement se trouve être assis sur le banc des accusés, pointé du doigt pour sa très faible capacité à traduire dans le réel, la modernité promise par le Chef de l’Etat aux populations.  Un bilan nul, quasi transparent à l’intérieur duquel, la majorité des chantiers lancés à grand renfort médiatique ses dix dernières années, sont soit inachevés, soit abandonnés, ou tout simplement en arrêt. C’est le cas des autoroutes Yaoundé – Douala, Yaoundé – Nsimalen, le chantier de construction du stade Olembé, le deuxième pont sur le Wouri, les routes Dabanga – Mora, Babadjou – Bamenda et la liste est loin d’être exhaustive.

De l’argent frais a pourtant été mis à disposition, pour l’accomplissement de ses projets, sans que dans les faits, cela soit suivi des actes concrets.  En effet, de 2006 à 2020, le gouvernement de la république du Cameroun a pu mobiliser auprès des partenaires extérieurs, la rondelette somme de 10 000 milliards de FCFA, sans qu’à l’autre bout de la chaine, il y ait des traces physiques de l’utilisation de cette masse d’argent pour le bien collectif. « Tout cet argent a été volé, utilisé à des fins personnelles, ou alors dépensé pour des actions à très peu d’impact. Pourtant, c’est une dette que nous devons rembourser, c’est cela le drame. Avec ça, on ira où ? » S’interroge Gilles Francis Bomba, Doctorant en économie.

Des emprunts manifestement inutiles pour le destin collectif, qui ont été contractés et utilisés à toutes les fins, sauf celles au nom desquelles ils ont été initiés. Ce qui de toute évidence, multiplie la méfiance de divers acteurs de la société civile qui appellent à une retenue vers cette voie. « L’emprunt en soi n’est pas mauvais. Mais c’est son utilisation qui est questionnée ici. Qu’avons-nous fait des 10 000 milliards que nous avons contractés au cours des dix dernières années ? A quoi ont-ils servi ? Je pense qu’il est temps que nous soyons désormais regardant sur tout ce processus, » déclare Gilles Francis Bomba.

Au Cameroun, la vie chaque jour qui passe se complique, les hôpitaux manquent d’équipements, les infrastructures scolaires sont quasi inexistantes, mais à l’opposé, la corruption a gagné le terrain et les détournements se portent aussi bien qu’un nouveau-né. Le combat pour une nation prospère où l’intérêt général prime sur les égoïsmes personnels reste encore entier.

 Christian ESSIMI

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