Culture : Les chantiers gigantesques de la SONACAM autour des obscénités musicales

Culture : Les chantiers gigantesques de la SONACAM autour des obscénités musicales

Engagé sur le terrain de l’assainissement des contenus musicaux, la SONACAM a du pain sur la planche.

Des risques énormes

C’est peu de le dire, par la décision de mener un combat contre la prolifération de productions musicales  obscènes au Cameroun, la SONACAM s’attaque à un morceau dur. Le zèle du comité d’éthique, de discipline et d’arbitrage de la Société Camerounaise de l’Art Musical clairement affirmé le 27 juillet 2021, pourrait bien lui faire perdre quelques plumes. Dans une société camerounaise ouverte et même quelques fois assoiffée d’obscénités, d’hymne aux postérieurs et aux organes génitaux autant masculin que féminin, on peut comprendre le courroux de plusieurs mélomanes qui, à l’annonce de la décision ont préféré en riposte, orienter le débat sur le terrain qui fonde l’existence même de l’organe  « N’importe quoi! Qu’ils commencent par donner aux artistes leurs droits. Ils devraient avoir honte, même comme elle a foutu le camp dans ce pays. Qu’ils laissent les Camerounais faire la part des choses » s’offusque un mélomane. Compréhensible. Comment faire comprendre le bien-fondé d’une lutte, si la copie sur le sujet principal affiche médiocre ? Question à 112 millions de FCFA pour 1500 artistes.

Un champ d’action bien défini

Crédibiliser l’organe, c’est aussi respecter et satisfaire son cahier de charges. La collecte et la redistribution du droit d’auteur, c’est le chantier principal sur lequel l’instance est attendue. La récente opération de distribution des droits des artistes a bien montré les difficultés, les faiblesses voire l’actuelle incapacité de l’organe à satisfaire ses obligations. 112 millions de FCFA collectés, à redistribuer entre 1500 artistes. Le spectacle était désolant et pas de nature à donner à croire en une quelconque amélioration dans la lutte pour la valorisation des productions musicales et de leur auteurs. Autre morceau à croquer, la pleine application ainsi que l’agrandissement du champ d’application des décisions du comité d’éthique. Avec des décisions qui ne sont en réalité applicables qu’à environ 2800 artistes, il faudra aller chercher la bonne formule pour « assagir » au-delà de ce champ très réduit.

Les chantiers sont donc multiples et parsemés d’embuches. Il faudra commencer par convaincre de sa capacité à résoudre les problèmes pour lesquels elle a été créée pour espérer rallier les artistes eux même et les mélomanes par la suite à leur cause. Si ce préalable n’est pas assuré, le sauveur pourrait bien être pendu à la potence de l’exaspération ou de l’incompréhension.

Rolande AGONG

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