Le procès des militants du MRC renvoyé au 20 octobre 2022 : récit d'une audience sous haute tension.

Le juge de la cour d’appel du centre vient de renvoyer de les 39 militants du MRC au 20 octobre prochain. Condamnés pour des faits de  » rébellion «  et  » tentative d’insurrection «  à des peines allant d’un à sept ans de prison ferme, Alain Fogue, Olivier Bibou Nissack et Compagnie vont encore devoir attendre avant d’être fixés sur leur sort.

Le procès des militants du MRC
Le procès des militants du MRC

 » Maurice Kamto arrive, Paul Biya doit partir… « . Chantaient en chœur les nombreux militants du MRC , dans l’attente de l’ouverture de leur procès. Avec son T-shirt bleu sur lequel on peut lire  » Où sont les 32 PV signés ?  » Le Professeur Alain Fogue joue le rôle de maestro. Il va dès sa descente du bus avoir un échange musclé avec un policier par rapport à sa conduite vis-à-vis des prisonniers du MRC. Interpellé la veille des marches du 22 septembre aux alentours du domicile du Professeur Maurice Kamto, Alain Fogue séjourne depuis près de deux ans à la prison de Kodengui après un passage éclair dans le célèbre camp de détention du SED. À ses côtés, le porte-parole du président national du MRC Olivier Bibou Nissack. Il a quant à lui été arrêté à son domicile avant d’écoper comme Alain Fogue de 7 ans d’emprisonnement ferme. L’homme qui n’a rien perdu du communicant que les téléspectateurs ont eu l’habitude de regarder est tiré à cinq épingles dans un costume noir, tout autant détendu que ses camarades. L’événement du jour, c’est surtout la présence de Maurice KAMTO parmi les avocats du collectif Sylvain Souop, en charge de la défense des militants du MRC.

C’est à 10 H que le président du tribunal a fait son entrée dans une salle d’audience gonflée à bloc. Une ambiance électrique que les policiers vont tenter calmer en essayant mettre hors du palais de justice les militants qui étaient venus nombreux assister au déroulement des débats. Le professeur Alain Fogue va s’y opposer avec la dernière énergie en donnant de la voix. Les officiers de la police judiciaire vont rapidement changer d’avis. Au moment du passage à la barre, Olivier Bibou Nissack, Alain Fogue et les avocats du MRC vont spontanément s’opposer au maintien des menottes sur certains militants. Un vacarme général va s’emparer de la salle d’audience. Embarrassé, le président du tribunal va observer la scène pendant plusieurs minutes sans trop savoir comment s’y prendre.

À 11 H 35, le marteau du juge va retentir annonçant sa décision de renvoyer le procès. Les militants du MRC, toujours sous le coup d’une condamnation vont regagner le bus blanc pour retourner à Kodengui après quelques échanges avec les avocats du collectif Sylvain Souop, au premier rang desquels Maurice Kamto. Un nouveau feuilleton dans cette procédure judiciaire que l’analyste politique Arlette Framboise Doumbe qualifie de  » procès politique de la honte « .

Kevin Fotso.

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