Obscénités musicales : Lutte confuse autour des artistes non membres de la SONACAM

Obscénités musicales : Lutte confuse autour des artistes non membres de la SONACAM

La décision du Comité d’éthique de faire taire les productions obscènes semble prendre les contours  d’un coup d’épée dans de  l’eau.

Sanctions au champ d’action très limité

En tant qu’association, la SONACAM ne peut en réalité influencer, et ce, juste minimalement, que les artistes membres. Environ 5000 artistes musiciens recensés au Cameroun pour un peu plus de 2800 régulièrement inscrits à la SONACAM. Si l’organe venait à réussir l’incroyable pari d’assagir ses membres, près de 2128 micros resteraient libres et exempt de toute sanction. « Cette sanction ne va concerner que les artistes qui sont membres de la SONACAM. Du coup ce sera une épée dans l’eau » déclare Wilfried TOUA. Si le propos est fondé, la sorte de bras séculier du Ministère des Arts et de la Culture peut toujours faire appel et s’appuyer sur la tutelle. « C’est du domaine de l’Etat contraindre ceux qui versent à la communication publique des messages inappropriés. Si les musiques sont sanctionnées, censurées, ça relève du domaine de l’Etat et non d’une société civile qui doit plutôt ménager les auteurs parce que les artistes c’est eux qui constituent la force de la SONACAM, c’est eux qui ont la SONACAM ce n’est pas le directoire de la SONACAM qui a la SONACAM».

Coup d’épée dans l’eau

L’une des premières conclusions de la session de travail du comité en charge de l’éthique, de la discipline et de l’arbitrage de la SONACAM tenue le 27 juillet 2021 fait réagir. L’instance annonce des sanctions fermes contre les auteurs de productions musicales obscènes. « Entre 50.000 et 1.000.000 de FCFA d’amendes et des poursuites judiciaires pour les artistes dont les contenus sont déviants ». La décision fait couler beaucoup d’encre et de salive. L’on reproche à l’instance de délaisser ce qui est de ses prérogatives pour s’engager sur un terrain qui est celui de l’Etat. « C’est là un procès en sorcellerie. Ce n’est pas à la SONACAM d’apprendre aux gens à faire de la musique, ce n’est pas à la SONACAM d’apprendre aux artistes à écrire des textes. Ce n’est pas leur rôle. Leur rôle est de collecter et de redistribuer le droit d’auteur. C’est cela leur travail » affirme le journaliste culturel Martial NGUEA. A côté de ce grief formulé contre la SONACAM, une autre réalité donne donc de comprendre que ce n’est pas la SONACAM, seule en tout cas, qui viendra assainir le secteur.

Bon point tout de même

En décidant de frapper de sanctions et amendes les artistes aux contenus musicaux obscènes et déviants, la Société Camerounaise de l’Art Musical décide donc de s’assigner une tâche qui n’est pas forcément de son ressort et dont elle ne peut avoir le plein contrôle des contours. Il faut tout de même lui reconnaître son engagement à améliorer le domaine par cette initiative que plusieurs disent salutaire, au vu de la pléthore de productions musicales clairement pornographiques retrouvées sur le marché discographique camerounais.

Rolande AGONG

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