Sécurité : Entre Illusion et désillusion dans le septentrion

Sécurité : Entre Illusion et désillusion dans le septentrion

Le nombre sans cesse croissant d’ex combattants de Boko Haram qui déposent les armes trouve en face en riposte, des attaques meurtrières perpétrées contre l’armée camerounaise.

Une guerre qui s’éternise

Alors que le président Paul BIYA peut se réjouir de trouver réponse favorable à son appel de 2018 invitant les fils du Cameroun ayant rejoint les rangs de Boko Haram à déposer les armes, le Cameroun et son armée doivent payer le lourd tribut d’une guerre qui se refuse à faire place à la paix et à la reconstruction. Depuis le début des affrontements, le septentrion camerounais est sérieusement mis à mal sur divers plans et il y est désormais de coutume de voir se succéder cérémonial de dépôt d’armes d’ex combattants et attaques meurtrières contre les forces de défense. Une « danse » pénible pour les populations : « Si cette guerre pouvait finir une fois, ça allait vraiment nous arranger. Nous sommes contents que les gens, nos frères déposent les armes et nous voulons que la paix doit définitivement être retrouvée.

Une « danse » pénible

Huit militaires tués et 14 blessés le 24 juillet 2021 et au moins cinq autres brulés vifs au poste militaire de Zigague quelques jours plus tard, dans la nuit du 27 juillet 2021 notamment, par des forces de Boko Haram. Quelques jours plus tôt pourtant, une cinquantaine d’ex combattants de Boko Haram déposait les armes auprès des autorités camerounaises. L’exercice est désormais récurrent. De nombreux membres ou plus exactement anciens membres de Boko Haram répondent à l’appel de Paul BIYA et déposent leurs armes auprès des autorités camerounaises, signe et gage de leur bonne foi, volonté et engagement à mettre fin à la folie meurtrière dont les victimes se comptent désormais par milliers.

La tâche ardue du Comité de désarmement

Les victimes de Boko Haram se chiffrent par milliers au Cameroun depuis l’apparition, selon les chiffres avancés par de nombreux organismes internationaux notamment Amnesty International et  Human Right Watch. Attaqué sur plusieurs front notamment à l’Est du pays et dans les régions anglophones, le Cameroun peine aussi à rétablir la paix dans sa partie septentrionale. Au nombre des stratégies mises en place par le Gouvernement camerounais, la création en 2018 par décret présidentiel d’un programme national de Désarmement dans les zones de conflit. Conformément à sa feuille de route, le Comité National de désarmement, de démobilisation et de réintégration (CNDDR) est appelé à jeter les jalons de la réinsertion d’anciens membres de Boko Haram du moins ceux considérés comme un moindre risque. L’opération séduit et invite à penser une véritable politique ou une politique plus adéquate de réinsertion des ex combattants. 

Le retour grandissant des violences dans le septentrion inquiète et donne à s’interroger sur le retour définitif de la paix dans cette partie du pays.

Rolande AGONG

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