Sénégal : Macky Sall a le choix de sortir par la grande porte ou bien de sauter par la fenêtre

Sénégal : Macky Sall a le choix de sortir par la grande porte ou bien de sauter par la fenêtre

Dans un entretien accordé à votre rédaction, Abou Mbaye, Ecrivain, professeur et politicien sénégalais, fait l’autopsie d’une gestion opaque et calamiteuse, qui tire son pays vers le bas.

Que se passe t-il au Sénégal en ce moment ?

Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, Macky Sall ne fait que réduire la liberté d’expression et fouler au pied nos acquis démocratiques. Et donc, au fur et à mesure, on tend vers un régime autoritaire, ou bien une dictature émergente qui se manifeste par plusieurs actes.

Les quels par exemple ?

Macky Sall n’a jamais gagné une élection sans faire une combine, un piège ou un complot pour écarter ses adversaires.  On l’a vu avec l’emprisonnement  de Khalifa Sall, l’exil de  Karim Wade, et récemment avec l’accusation fallacieuse de viol contre la personne d’Ousmane Sonko. Car, Sonko devenait gênant il va aussi l’écarter.

Face à cela, que peut faire concrètement la classe politique sénégalaise pour lui opposer une vive résistance ?

Nous n’allons pas l’accepter. Même s’il écarte Ousmane Sonko, il y aura d’autres Ousmane Sonko, il y aura d’autres personnes qui vont porter le combat pour la satisfaction des doléances des populations. Aujourd’hui, s’il veut nous ramener au moyen âge, on va se mettre contre lui.

Quelles sont ces doléances que la population porte et qui attendent satisfaction?

Aujourd’hui au Sénégal, le pays devient de plus en plus difficile. L’électricité de plus en plus chère, la nourriture devient un luxe pour le citoyen Sénégalais. Vous allez au nord, il y a la famine qui gagne du terrain. Je pense qu’aujourd’hui, la priorité devait être ailleurs,  voir comment solutionner les problèmes des sénégalais, au lieu de réfléchir à comment  liquider ses adversaires politiques, surtout, s’il est à sond deuxième et dernier mandat. Il ne devait pas avoir  de temps pour cela. Tous les sénégalais aujourd’hui sont libres d’avoir les ambitions pour être président de la république.

Rendu aujourd’hui, à son deuxième et dernier mandat selon la constitution sénégalaise, croyez vous que le président voudrait faire un passage en force pour un troisième mandat ?

Il n’a pas droit à un troisième mandat, l’article 27 de la constitution est clair : Nul ne peut briquer plus de deux mandats successifs. S’il s’entête à briquer un troisième mandat, il aura devant  lui un peuple déterminé qui va lui barrer la route. Il a quand même le choix de sortir par la grande porte ou bien de sauter par la fenêtre.

Qu’espérez-vous obtenir à l’issue de ce combat ?

Le pouvoir appartient au peuple. Il le donne à qui il veut et le retire à qui il veut. Il faut qu’on donne au peuple la liberté de choisir qui il veut. C’est ça qui fait la vitalité de la démocratie. Il faut qu’il ait des gens qui gouvernent et des gens qui s’opposent.

NASSIM BOUABBAS
Leave a comment

Send a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.